L’affaire commence le 26 février dernier. Lors du briefing quotidien du département d’Etat, qui se tient généralement dans une ambiance assez détendue, un journaliste demande au porte-parole Philip Crowley ce qu’il pense de la violente diatribe lancée la veille par le colonel Kadhafi contre la Suisse, après l’affaire de l’interdiction des minarets.
« Vous savez, répond en substance le porte-parole, ça me fait penser au discours qu’il a fait devant l’Assemblée générale des Nations unies. Beaucoup de paroles, beaucoup de papiers qui volent dans tous les sens, mais pas forcément beaucoup de sens ».
Ce que Philip Crowley a appris à ses dépens, et surtout aux dépens du pays qu’il représente, c’est que ce sens de l’humour là n’est pas du tout apprécié à Tripoli. Dès le lendemain, le responsable du secteur pétrolier libyen convoquait les représentants locaux des cinq compagnies américaines opérant sur place, pour leur passer un énorme savon et les menacer de représailles.
Mardi 9 mars, c’est donc le porte-parole du département d’Etat qui a fini par s’excuser publiquement. Et le secrétaire d’Etat adjoint américain pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, se rendra bientôt en Libye pour tenter de calmer le jeu