Vingt ans plus tôt, le destin de Waris Dirie s'annonçait tout autre. Excisée à l'âge de 3 ans, elle élevait des chèvres dans le désert jusqu'à s'enfuir du camp de nomades où vivait sa famille, à l'âge de 13 ans. Elle voulait échapper à un mariage forcé.
De Mogadiscio, où s'est réfugiée, elle est envoyée par sa grand-mère à Londres pour travailler chez des diplomates. Lorsque la guerre civile éclate en Somalie, l'ambassade londonienne ferme elle se retrouve seule, à errer dans la capitale britannique. Elle décroche un petit job dans un fast-food avant d'être propulsée au plus haut dans le milieu de la mode.
Mais ce n'est pas ce parcours de rêve, du désert au podium que raconte Waris Dirie dans Fleur Du Désert, son livre paru il y a onze ans. Elle veut surtout alarmer sur la souffrance de plus de 100 millions de femmes dans le monde, mutilées, excisées du clitoris, des grandes lèvres et des petites lèvres, qui meurent en couche ou d'infections...
Aujourd'hui encore, Waris Dirie se bat pour que la cause des femmes avance. Elle vient de mener une campagne en Allemagne: «Stop FGM (Female Genital Mutilation) now!». Elle avoue qu'elle n'arrêtera jamais de se battre : «c'est plus fort que moi, je dois en parler.»
Suite à la sortie de ce livre, Waris Dirie a été nommée ambassadrice de l'ONU, chargée de ces questions de mutilations. Le film adapté de son livre sort mercredi, avec Liya Kebede (Lord Of War, Raison D'Etat) dans le rôle principal. Liya Kebede est une autre «Africaine de l'extérieur», éthiopienne, également top model et actrice, qui se bat pour celle du continent.