Coton africain : une déclinaison progressive
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D’année en année, la quantité du coton produit en Afrique baisse. Un déclin qui profite aux occidentaux qui s’emparent du marché. Le coton africain est pourtant très prisé pour son excellente qualité. Parce qu’il est cueilli à la main, il est propre, et contient moins de charges et d’impureté. Le taux de fibre courte y est faible. Il a de bonnes caractéristiques technologiques, selon les experts.
Seulement, le coton africain ne représente que 2,15% de la production mondiale et 6% des exportations mondiales. C’est que, les difficultés des producteurs africains sont énormes. Le prix n’est déjà pas rémunérateur au niveau du marché mondial. Le prix d’achat du coton graine aux paysans baisse d’année en année. Cette situation peu avantageuse pour l’Afrique vient de ce que des subventions sont accordées aux producteurs occidentaux, surtout en Amérique qui font de la mécanisation leur affaire. Et produisent en abondance. Ce qui dope l’offre du coton et fait baisser les prix.
Pendant ce temps, les paysans africains labourent à la houe, sèment et récoltent à la main, ne bénéficiant d’aucune subvention de leurs pays. Ils ont toujours décrié cet important appui qui est apporté à leurs concurrents d’ailleurs. Pire, la parité euro/ dollar ou cfa/dollar plombe la compétitivité de la filière. Les déficits cumulés des sociétés cotonnières de la sous-région Afrique centrale ont rongé les fonds propres. Il y a impasse de trésorerie, et difficulté à mobiliser les crédits de campagne et de productivité en volume et dans les délais. Les recherches agronomiques manquent de moyens financiers. La baisse de fertilité des sols et des rendements agricoles est visible. Les intrants agricoles sont chers et parfois de mauvaise qualité.
A cela s’ajoutent les aléas climatiques. Résultats de tout cela, c’est la démotivation des cotonculteurs africains. Depuis 2005, la baisse de leur production est de 60%. Aucun pays africain ne se rapproche du top 5 des producteurs mondiaux du coton en 2010. Ce sont la Chine (6,75 millions de tonnes, soit 32, 2%) ; l’Inde (5,33 millions de tonnes, soit 23,8%) ; les Usa (2,83 millions de tonnes, soit 12,7%) ; le Pakistan (2 millions de tonnes, soit 8,9%) ; et le Brésil (1,17 millions de tonnes, soit 5,2%).
Ces 5 pays comptent à eux seuls 81% de la production mondiale. En dehors des Usa dont la place est occupée par le Turquie, ces pays sont encore les premiers consommateurs du coton mondial (75,8 %) en 2010. Parce qu’ils sont dotés de machines pour transformer leurs productions sur place. Un privilège ! Rares sont les pays africains qui transforment ce qu’ils produisent localement.
Améliorer la compétitivité
C’est pour changer leur sort et inverser la tendance que l’Association cotonnière d’Afrique (ACA), a été portée sur les fonds baptismaux le 19 septembre 2002 à Cotonou au Bénin. Les sociétés cotonnières d’Afrique s’étant rendues compte que seule la création d’un cadre formel de concertation et d’action peut leur permettre de mettre en œuvre une plus grande solidarité dans la défense de leurs intérêts. Leur objectif, souligne Luc Magloire Mbarga Atangana, est de renforcer les relations entre les filières cotonnières d’Afrique et de soutenir leur développement durable. Mais aussi, de servir au développement de relations mutuellement avantageuses entre les filières coton d’Afrique et celles du reste du monde.
En 2009, l’Aca s’est fixée pour missions, entre autres, de créer et d’installer des commissions techniques dans les domaines de l’agronomie, de l’égrenage, du transport, et de la commercialisation en vue d’enrichir les débats techniques au sein de l’Association. Elle a également élaboré un plan stratégique pour la période 2010-2015 pour donner une nouvelle vision à l’Association au cours de ce quinquennat. Le coût annuel de l’appui à apporter pour améliorer la compétitivité du coton africain et ce pour cinq ans, est estimé à deux milliards FCfa.
Ce fonds permettra, après avoir installé et suscité l’animation des commissions techniques de l’ACA, de travailler intensément à l’amélioration de la qualité du coton au niveau des différents maillons de la chaîne de production avec un accent spécial sur l’élimination définitive des contaminations d’ici à l’horizon 2012. Puis il sera question d’initier une nouvelle approche d’approvisionnement des producteurs en intrants dans le but de réduire considérablement les coûts de production.
Par marie.noelle.guichi |
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