Aujourd’hui (hier, ndlr) vous rendez hommage à l’un de vos fidèles compagnons, Thiam Belafonte ?
C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons inauguré la rédaction de notre groupe de presse du nom de notre illustre rédacteur en chef, Thiam Belafonte. C’était un grand professionnel qui m’a accompagné dans mes débuts et avec qui nous avons réussi d’excellentes choses.
Mais au moment où vous pensez à ce bâtisseur, l’Asec connaît une entame de saison difficile ?
Oui, le début est difficile mais ce n’est rien ça. L’équipe est composée de beaucoup de jeunes et elle cherche encore ses marques. Mais, je suis sûr que tout va rentrer dans l’ordre et que l’équipe va mieux se comporter en championnat.
S’il est vrai qu’il y a du temps pour le championnat, il n’en demeure pas moins que la coupe d’Afrique approche à grand pas ?
Effectivement, nous n’oublions pas la Champion’s league et très bientôt nous entrons en compétition. Mais nous allons tout donner pour être présents et aller le plus loin possible.
Avez-vous une idée de la formation zambienne du Zanaco ?
Vous savez, je suis convaincu que le plus important n’est pas d’aller épier ou observer l’adversaire. Nous l’avons fait plusieurs fois et souvent le jour du match, la réaction est tout autre. Le plus important c’est de bien nous préparer et d’être prêt le jour J.
Quel est l’objectif de l’Asec dans cette compétition ?
Notre premier objectif est de tout donner pour être dans le dernier groupe de huit. C’est donc tout faire pour atteindre la phase de poule et après, on cherchera à aller le plus loin possible
Vous a eu une rencontre avec vos pairs présidents de club et vous avez donnez de la voix quant à la gestion du football ivoirien…
Ce n’est rien de tout ça. Quand on fait un constat, on dit ce qui est. Je ne suis pas dans des combats inutiles. Quand je suis venu à l’Asec, je suis venu avec des intentions fermes. On peut vous donner tout l’argent du monde mais si vous n’avez pas la vision nécessaire, vous ne pouvez pas aboutir à quelque chose. Si vous n’avez pas un groupe cohérent tiré par une locomotive forte avec une vision structurée vous n’obtenez rien.
Que qu'il faut rectifier dans le football ivoirien ?
Il faut rectifier beaucoup de choses. Il ne faut pas croire que parce qu’on a les moyens qu’on peut obtenir des résultats. Ce sont les hommes qui fabriquent les résultats.
L'entrée des clubs dans le comité exécutif peut-il changer quelque chose dans le football ivoirien ?
Je ne sais pas si pour le moment les clubs sont dans le comité exécutif. Personnellement, ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse c’est que le football ivoirien marche. Et surtout que ceux qui travaillent à la base soient motivés afin que le football ne meure pas. Je l’ai dit lorsque les deux associations de présidents de club ont fait la jonction. J’ai dit qu’il faut s’unir pour parler de la même voix. Nous avons exactement les mêmes problèmes donc il faut que ceux qui travaillent à la base de la pyramide aient les moyens pour fournir à l’élite ce dont il a besoin pour que le football ivoirien soit respecté et respectable. Pour que la vitrine soit belle, il faut que ceux qui sont derrière la vitrine et qui travaillent jour et nuit soient motivés.
Le débat actuel porte sur le choix d’un nouvel entraîneur pour les Eléphants. Le nom de Troussier, votre ancien collaborateur, a été évoqué. Qu’en pensez-vous ?
Moi je n’ai rien à décider. Nous avons élu des gens qui sont les responsables, c’est à eux de prendre leurs responsabilités en leur âme et conscience. Moi, j’utilise toujours un terme, un chef doit bien digérer ce qu’on lui propose et prendre ses responsabilités.
Cela étant, pensez-vous que Philippe Troussier que vous connaissez assez bien peut faire l’affaire des Eléphants?
Quand je l’ai fait venir en Côte d’Ivoire, des gens me disaient pourquoi tu as fait venir cet entraîneur, on ne le connaît pas, il n’a pas de palmarès etc. Il a fait un bon travail par la suite. Vous savez, je me méfie des magiciens. En football, il n’y a pas de magie. Il y a le travail, la vision et la patience. Je sais que Troussier est capable d’entraîner les Eléphants. Je sais pourquoi je le dis.
Militez-vous alors pour son retour en équipe nationale ?
Je ne suis pas celui qui doit le recruter mais je suis toujours en contact avec Philippe Troussier. Et je suis presque certain qu’il peut réussir avec cette équipe des Eléphants parce que c’est un gros bosseur. Mais il est clair que ce n’est pas moi qui décide. Nous avons élu quelqu’un qui doit le faire en toute responsabilité.
Il y a le nom de Jean-Marc Guillou, que vous connaissez également, qui circule. Le pensez-vous capable d’apporter quelque chose aux Eléphants ?
Lui, je ne le crois pas capable. Je l’ai testé déjà. En qualité de formateur bien sûr mais pas en tant qu’entraîneur. Il a de grandes idées comme formateur et on reconnaît tout le travail qu’il a fait. Mais en tant que coach et compétiteur, il ne peut pas être à la hauteur. Le football, ce ne sont pas des matches gala, le football c’est le cœur et la gagne. Aujourd’hui, on parle de mental mais le mental se gagne où ? C’est sur le terrain.
Et Guus Hiddink dont le nom revient avec insistance ?
Je ne connais pas cet entraîneur. Je le connais à travers les médias qui parlent de lui. Il paraît que c’est un gros calibre. Cela fait 20 ans que je dirige le football et je crois aux gens qui maîtrisent leur environnement et qui savent de quoi ils parlent. Des gens qui peuvent être capables de transformer les éléments qu’on leur donne et par rapport à l’environnement qu’on créé autour d’eux. KL