Vingt pour cent des anciens détenus libérés de la prison américaine de Guantanamo ont rejoint - ou sont fortement soupçonnés d'avoir rejoint - des groupes armés islamistes, ont déclaré mercredi des responsables du Pentagone.
Plusieurs d'entre eux joueraient un rôle de premier plan au sein d'Al Qaïda dans la péninsule Arabique, un groupe basé au Yémen qui serait derrière l'attentat manqué le jour de Noël contre le vol Amsterdam-Detroit.
Le président américain Barack Obama a d'ailleurs annoncé mardi la suspension des transferts de détenus de Guantanamo au Yémen, en raison de la détérioration de la situation dans ce pays.
En avril dernier, le Pentagone avait déclaré que 14% des ex-prisonniers de Guantanamo avaient ou étaient soupçonnés d'avoir repris du service dans les rangs islamistes, contre 11% en décembre 2008.
Depuis lors, ce pourcentage est passé à 20%, ont dit mercredi à Reuters deux responsables du Pentagone qui ont requis l'anonymat.
Le chef du service de presse du ministère américain de la Défense, Geoff Morrell, a effectivement reconnu qu'il y avait une hausse mais a refusé de donner des chiffres.
Il reste 198 prisonniers - dont 91 Yéménites - sur la base de Guantanamo, à Cuba, contre 750 autrefois.
Adam Entous et Phil Stewart, version française Guy Kerivel