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INONDATIONS AU PAKISTAN / Le Penjab, ancien grenier à grains du Pakistan, dévasté par les inondations

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INONDATIONS AU PAKISTAN  / Le Penjab, ancien grenier à grains du Pakistan, dévasté par les inondations

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Le Penjab est la province la plus peuplée du pays et le grenier à grains du Pakistan. Les conséquences socio-économiques des inondations vont être dramatiques dans un pays déjà exsangue avant la pire catastrophe naturelle de son histoire. Reportage dans le district de Muzzaffar Garh (sud Penjab) -à environ 400 kilomètres au sud d’Islamabad- qui a été très touché par les inondations.

 

De notre envoyée spéciale au Penjab,Les habitants de Kot Dadan, un village du Sud Penjab entièrement submergé par les inondations, vivent encerclés par une eau noire et boueuse, prisonniers de leur village devenu une île artificielle. Malgré la décrue progressive, l’eau tarde à se retirer. Les maisons en brique ou en pisé ne sont plus que des amas de boue effondrés sur le sol. Les champs de coton ont disparus sous un mètre d’eau.

Ici la vie est rude. C’est ce qu’explique la vieille Aziz Mai : « On essaye de trouver à manger, au moins une fois par jour. Mais on n’y arrive pas toujours. Les enfants ont faim. On boit de l’eau sale. Et les maladies sont apparues. Ici il n’y a que nous : des paysans. On n’intéresse personne. On est pris au piège et on va mourir ici ». Le discours est repris en écho par une cohorte de vieilles femmes aux corps fatigués. Les paysans pauvres sont les premières victimes de ces inondations, les pires de l’histoire du pays.


Une économie déjà exsangue avant la catastrophe

1/5e du Pakistan a été touché par la catastrophe naturelle et 17 millions de personnes sont affectées par le désastre. Les conséquences socio-économiques de ces inondations vont être dramatiques pour un pays déjà exsangue avant la catastrophe. Rabia Sultan, directrice de l’association des fermiers du Pakistan s’en alarme : « L’impact sur l’économie nationale et les conditions de vie de la population va être terrible : au Pakistan 70% des gens vivent directement ou indirectement de l’agriculture ». Une analyse que partage Khawaja Muhamamd Usman, vice président de la chambre de commerce et d’industrie de Multan, ville principale du Sud Penjab : « La situation est préoccupante notamment dans la province du Penjab, grenier à grain du pays et cœur de l’industrie pakistanaise. Toute l’économie va être affectée et pas seulement les zones sinistrées. Les patrons d’usine et les industriels qui n’auront plus assez de matière première ne pourront plus rembourser les banques. Ces inondations vont aussi générer de l’inflation et du chômage. »
Des émeutes de la faim menacent

En dehors de la crise économique le pays risque d’être secoué par une crise sociale. D’autant que beaucoup ont faim. Dans un camp de sinistrés situé près du village de Mehmood Kot, une foule compacte se presse devant un camion de distribution alimentaire. Des dizaines d’hommes et de femmes tendent les mains pour attraper les sacs de riz et de farine. Tous ne seront pas servis. Mureed Hussain a une famille à nourrir et il est à bout : « Le problème c’est qu’il n’y a plus de travail non plus ici. Plus de travail ca veut dire plus d’argent et plus d’argent ça veut dire plus de nourriture, la situation est très tendue », s’énerve le sinistré qui, comme une majorité des victimes des inondations, en veut profondément au gouvernement pour sa gestion de la crise.
Du côté des autorités, on assure qu’il est impossible de réagir plus vite. Le responsable du district de Muzaffar Garh, une région très affectée du sud Penjab ne cache pas la gravité de la situation : « Nous sommes dépassés, ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est aussi une question d’accessibilité des zones sinistrées. Les besoins sont énormes. Les infrastructures ont été détruites. Il y a beaucoup de frustration et de colère. La seule chose qu’on puisse faire c’est essayer de faire en sorte que les émeutes n’explosent pas massivement ». Dans les rues de Muzaffar Garh, Bakhta Mai, supplie de sa voix qui se brise : « donnez-moi de l’argent pour que je nourrisse les miens. Avant on travaillait dans les champs. Maintenant on est devenus des mendiants ».
 

Source : RFI
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