Du 16 au 19 août 2010, à l’invitation du ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques de Côte d’Ivoire, le docteur Douati Alphonse, notre ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques, Sékou Bâ, a effectué une visite de travail en Côte d’Ivoire. Au cœur des échanges entre les deux ministres, la commercialisation des animaux, notamment la volaille, et les mesures sanitaires vétérinaires prises et à prendre. Pour donner les conclusions de cette rencontre, le ministre des Ressources animales a organisé un point de presse au cours duquel il a informé les opérateurs économiques de la levée de la mesure d’interdiction d’importation de volailles et produits dérivés de la Côte d’Ivoire suite à l’apparition de la grippe aviaire.
En rappel, le 3 avril 2006, le premier foyer de la grippe aviaire fut déclaré au Burkina Faso. A partir de cette date, des foyers de grippe aviaire furent confirmés dans les régions du Centre (Gampela), du Centre-Ouest (Tenado), et des Hauts Bassins (secteur 20 de Bobo-Dioulasso). Au-delà du Burkina Faso, c’est plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest qui étaient atteints par cette épizootie, créant ainsi une panique. Alors, des mesures furent prises pour interdire le commerce transfrontalier des volailles. Pendant ce temps, chaque pays mit en place un système de riposte à l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP).
C’est pourquoi, a dit Sékou Bâ, « les mesures efficaces mises en œuvre ont permis la maîtrise et l’extinction de ces foyers ». Il ajoute qu’aucun cas de grippe humaine due au virus influenza H5N1 n’a été détecté. Nonobstant la maîtrise et l’absence de la grippe aviaire, les mesures d’interdiction de vente de la volaille demeuraient toujours entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
Or ces mesures sanitaires d’interdiction d’échanges commerciaux de volailles et de produits dérivés ont un impact socio-économique sur les deux pays. Les deux pays conviennent que ces mesures entravent l’approvisionnement des aviculteurs modernes du Burkina Faso en poussins d’un jour et en œufs de consommation provenant de la Côte d’Ivoire et l’exportation de la volaille traditionnelle du Burkina Faso vers la Côte d’Ivoire.
De toute évidence, cela a des conséquences économiques certaines pour les commerçants en particulier et pour les Etats en général.
De nos jours et sur la base des évaluations scientifiques réciproques, le constat fait par les deux Etats est que : aucun foyer de la maladie n’est en cours dans les deux pays ; chacun des deux pays a mis en place et a éprouvé un dispositif de riposte efficace et solide contre la maladie ; chacun des deux pays a mis en place des mesures de biosécurité pour la surveillance et le contrôle de la maladie et des mesures d’interdiction d’importation. Forts de ce constat, les deux pays ont ainsi décidé entre autres, d’autoriser la reprise des échanges commerciaux de volailles et produits dérivés entre les deux Etats, de maintenir la délivrance de certificats sanitaires vétérinaires du pays d’origine pour accompagner tous les produis visés, d’intensifier la coopération scientifique et technique entre les deux Etats en matière de lutte contre les maladies animales transfrontalières par la reprise des réunions frontalières annuelles qui se tiendront alternativement dans les deux Etats. La décision de lever la mesure d’interdiction est prise entre les deux Etats en attendant l’aboutissement du processus d’auto-déclaration des pays indemnes de l’IAHP entamé par le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Cette dernière doit faire l’état des lieux de la riposte contre la grippe aviaire.
Mais les commerçants, eux, peuvent pousser un ouf de soulagement. Toutefois avant de commercialiser leurs produits, ils devront appliquer les mesures sanitaires vétérinaires. Et les deux pays à court terme entendent lancer un projet commun pour l’installation en frontières d’infrastructures communes de commercialisation, de transformation et de distribution de produits animaux et halieutiques. La nécessité d’associer le Mali à ce projet est souhaitée par les deux pays.
Issouf Sidibé