Comme si de rien n'était, les magistrats d'Abengourou continuent de siéger sur le contentieux électoral dans sa phase judiciaire. Pour justifier ce qui pourrait paraître comme un excès de zèle ou une conscience professionnelle aiguë, c'est selon, le Président du tribunal de première instance d'Abengourou, Abou Koulibaly, cite les cas de certaines villes du pays comme Sassandra, Man ou Daloa où les jugements se tiennent encore. Il évoque également le renvoi demandé par Me Dako Emmanuel, l'avocat de la partie accusatrice le 26 août dernier, date limite de cette opération. Approchées, certaines sources proches de la CEI disent ne pas comprendre l'attitude des hommes de loi. Selon ces mêmes sources, les cas jugés au delà du 26 août ne pourront en aucun cas être pris en compte par l'institution chargée des élections. N'empêche, M. Konin Yao, commissaire de la CEI est régulièrement présent dans la salle des audiences. Au siège régional de la CEI au quartier Plateau, derrière des portails fermés à tout visiteur par les FDS, l'on attend le retour des agents de l'INS et de la SAGEM appelés à Abidjan pour commencer le traitement des dossiers traités par la justice avant la date fixée par la CEI.
Pour l'heure, les dits dossiers sont encore entre les mains du parquet. Nos sources rassurent sur la tenue des délais pour la production de la liste électorale définitive. « La CEI ne prendra en compte que les dossiers régulièrement traités par nos juges. Les autres, notamment ceux traités hors délai ne seront pas pris en considération », jurent-elles. Quel est le cas des 13 personnes radiées (le plus souvent en leur absence) après la date limite fixée par la CEI ? Cette question est restée sans réponse. Le Ministre de la Justice et la CEI sont interpellés face à cette cacophonie qui peut remettre en cause le chronogramme édité par les hommes de Youssouf Bakayoko.
Armand Déa (Correspondant)