logo

Vendredi, 10 Février 2012  | Parole du Sage : Comme je ne suis pas payé en fonction de ce que je fais, je fais en fonction de ce que je suis payé. Georges Wolinski
 
 
bannière video225.com
news225.net >> Actualité
«L’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc sont presque toujours considérés comme émergents»

Bookmark and Share
«L’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc sont presque toujours considérés comme émergents»

Tim Turner, vice-président de la Banque africaine de développement (AfDB) en charge du pôle secteurs privé, analyse avec nous le concept de l’émergence. Entretien.

Tim Turner : « La Banque africaine de développement accorde la priorité aux entreprises qui sont financièrement viables. »

Les Afriques : Le concept « Emergence » s’applique-t-il aux économies africaines ?

Tim Turner : Bien qu’il n’y ait pas de définition universellement acceptée et que l’utilisation du terme dépend largement du contexte, l’expression « marchés émergents » est généralement utilisée pour désigner les pays qui ont atteint un certain niveau de revenu, ont de bonnes perspectives de croissance et qui se caractérisent souvent, mais pas toujours, par des économies diversifiées. En outre, ces pays ont démontré leur engagement pour entreprendre des réformes de leurs marchés financiers, bien qu’affichant encore une volatilité relativement élevée, couplés à des rendements, et ont su acquérir l’intérêt des investisseurs. Malgré les différentes définitions, l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc, auxquels s’ajoute souvent Maurice, sont presque toujours considérés comme des pays émergents. D’autres pays tels que la Tunisie et la Libye, parfois aussi le Botswana, peuvent être également inclus dans cette catégorie(1).

 

LA : On retrouve souvent dans la littérature économique le terme de marchés frontaliers. Que veut-il dire ?

TT : Les marchés frontaliers sont une sous-catégorie des marchés émergents et ont généralement des marchés financiers moins développés et plus risqués. En Afrique, les pays inclus dans ce groupe sont les suivants : le Cap-Vert, le Ghana et le Nigeria en Afrique de l’Ouest, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda en Afrique de l’Est et le Botswana, le Mozambique, la Namibie et la Zambie en Afrique australe. Beaucoup de ces pays n’ont accédé aux marchés internationaux des obligations souveraines que récemment (par exemple le Ghana, le Sénégal) ou sont sur le point d’y accéder, tels le Kenya ou l’Angola. Les marchés frontaliers sont parfois aussi appelés « marchés de deuxième génération », « nouveaux marchés émergents » ou encore « pays en transition »(2).

 

« Pour se prononcer sur ses décisions d’investissement, la Banque tient compte de la situation économique du pays et de l’incidence des politiques gouvernementales sur le secteur privé. »

LA : L’un de vos objectifs, c’est d’aider le secteur privé africain. Quels sont les montants de vos concours en 2009 ? Quelles sont les prévisions en 2010 ?

TT : Les nouvelles approbations de prêts pour l’année 2009 ont atteint 1190 milliards d’UC et comprenaient 388 millions d’UC au titre de l’Initiative de financement du commerce (TFI) et 65 millions d’UC au titre de la Facilité de liquidité d’urgence (ELF) pour répondre à la crise financière mondiale. Le volume des opérations du secteur privé prévu pour 2010 sera affecté par le contexte économique mondial et régional. Une reprise rapide et soutenue verrait le volume total des prêts dépasser légèrement l’objectif de 1 milliard d’UC arrêté dans le business plan. À la fin de juillet 2010, cet objectif a déjà été atteint. Toutefois, en l’absence d’une reprise suffisante, le volume des prêts devrait augmenter sensiblement, pour atteindre le niveau record de 1,5 milliard d’UC. *(1 UC = 1,5 USD)

 

LA : Quels sont en général les critères d’admissibilité à vos prêts ?

TT : Dans la sélection des propositions d’investissement, la Banque africaine de développement accorde la priorité aux entreprises qui sont financièrement viables, avec de fortes chances de générer des bénéfices et un taux de rendement élevé. D’autre part, les entreprises doivent être susceptibles de générer des recettes et des épargnes en devises, de créer des emplois, de contribuer au perfectionnement de la main-d’œuvre, au renforcement des compétences des cadres de direction et, à terme, à l’accroissement de la productivité totale. Pour bénéficier d’un financement de la Banque, le projet doit être conforme aux objectifs de développement du pays, présenter l’avantage comparatif requis pour avoir de réelles chances de succès, disposer de garanties sur le plan de la conception, de la technologie, du parrainage et de la gestion, et disposer de marchés confirmés pour les produits ou services, être conforme aux directives de la Banque en matière d’évaluation de l’incidence des projets sur l’environnement et à la réglementation en vigueur en la matière dans le pays d’implantation… Pour se prononcer sur ses décisions d’investissement, la Banque tient compte de la situation économique du pays et de l’incidence des politiques gouvernementales sur le secteur privé.

 

LA : Quelles sont les conditions d’éligibilité à l’aide de la Banque ?

TT : Pour bénéficier de l’aide de la Banque en faveur du secteur privé, l’entreprise doit disposer de capitaux privés et être dirigée par des investisseurs privés. Elle doit être implantée et immatriculée dans un pays membre régional, la majorité de ses actions pouvant être aux mains de nationaux ou d’étrangers. De même, une entreprise dont le capital est partiellement ou intégralement détenu par l’État peut aussi prétendre à l’assistance de la Banque, au titre de son guichet du secteur privé, à condition qu’elle remplisse les critères d’autonomie financière et de liberté de gestion et qu’elle soit gérée comme une entreprise commerciale. Aucune garantie de l’État ne lui est exigée. Les projets doivent servir à l’établissement, l’expansion, à la diversification et à la modernisation des entreprises de production.

Propos recueillis par A.W.


(1) Document récent BCG : http://www.bcg.com/documents/file44610.pdf

(2) Site web McKinsey

Bio express

Tim Turner, de nationalité canadienne. Depuis 1986 à la Banque africaine de développement, où il inaugure le département Risk Management. Auparavant, il a travaillé pour la banque américaine d’investissement Smith Barney, aussi bien à Londres qu’à New York. Diplômé de l’Université de Toronto et titulaire d’un MBA décroché en Suisse, il est actuellement vice-président, directeur des opérations du secteur privé à la Banque africaine de développement.


 

Source : Les Afriques
retour
 
 
 Commentaires
Aucun commentaire pour cet article
 
 
 Réagissez à cet article (en respectant les règles ci-dessous):
  • Soyez courtois. N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant. N'envoyez pas de message inutile.
  • Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclus tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée, sexuel ou en violation avec la loi. Ces messages seront supprimés.
  • Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.`
Commentez cet article  
 Pseudo :
 Votre Commentaire :
 
  inserrer ici le code ci-dessus
 
 
   
 
 

Focus 225

05/10/2011 -Le Mandat-
RETRAIT D’AGRéMENT, PLUSIEURS AUTRES STRUCTURES DANS LE VISEUR DU TRéSOR
05/10/2011 -Soir Info-
VISITE DU PRéSIDENT OUATTARA à ACCRA: CE QUE LES PRO-GBAGBO PRéPARENT AU GHANA
05/10/2011 -Le Patriote-
AUDIENCES DU PRéSIDENT DE LA RéPUBLIQUE: OUATTARA REçOIT LES PATRONS DE RFI, TV5 ET FRANCE 24
05/10/2011 -L'intelligent d'Abidjan-
INFRASTRUCTURES / RéHABILITATION DES VOIRIES à ABOBO, LE MINISTRE PATRICK ACHI LANCE LES TRAVAUX
30/09/2011 -Le Democrate-
INSTALLATION DE LA CDVR / GNRANGBé : ‘‘CETTE CéRéMONIE EST TOUT UN SYMBOLE’’

Dans la Presse Nationale

05/10/2011 -Le Point-
SONDAGE - LA CANDIDATURE DE NICOLAS SARKOZY TOUJOURS IMPOPULAIRE
05/10/2011 -Le Républicain (ml)-
MALI / RéVISION DES LISTES éLECTORALES: « IL Y A DEUX MILLIONS D’éLECTEURS FICTIFS DANS LES LISTES éLECTORALES »
05/10/2011 -Le Griot-
GABON: BOOSTER UNE éCONOMIE QUI DéPEND DE L’EXTéRIEUR
05/10/2011 -Guineeconakry.info-
GUINÉE: LE BOYCOTT, LA NOUVELLE STRATéGIE DE L’OPPOSITION
05/10/2011 -La Presse-
TUNISIE / TRANSITION DéMOCRATIQUE: LA BANQUE MONDIALE PRêTE à FOURNIR LE SOUTIEN FINANCIER NéCESSAIRE
05/10/2011 -Notre Voie-
PIERRE AMONDJI à ALASSANE OUATTARA : “ON NE FAIT PAS LA POLITIQUE EN TRANSPIRANT LA HAINE”
05/10/2011 -Le Temps-
ENQUêTES SUR LES éVéNEMENTS EN CôTE D’IVOIRE : GBAGBO DéNONCE LE PARTI-PRIS DE LA CPI ET LES MANœUVRES DE SARKOZY