En 2008, la ville de Cleveland, au nord des Etats-Unis, assigne en justice 21 banques du pays. Ces banques tenues pour responsables des saisies immobilières qui ont ruiné des dizaines de milliers de personnes. Les avocats de Wall Street contre-attaquent, parviennent à bloquer la procédure.
Mais le réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron ne s’est pas tenu vaincu pour autant. Il a décidé d’organiser lui-même ce procès et de le filmer.
Devant un authentique jury populaire, Jean-Stéphane Bron filme donc les vrais habitants de la ville de Cleveland s’opposant à un grand avocat d’affaires qui a accepté de représenter les banques.Ici, nulle manipulation à la Michael Moore (réalisateur américain spécialiste de films documentaires engagés). Le procès a, certes, été mis en scène mais chaque intervenant y joue son propre rôle.
Cleveland contre Wall Street met donc à nu l’engrenage infernal du surendettement. A travers les témoignages de ces familles qui se sont ruinées pour payer une opération médicale, ou pour réparer leur maison, on comprend, sans graphiques, ni vocabulaire savant, comment 100 000 personnes ont pu se retrouver à la rue.Cleveland contre Wall Street est un film passionnant, parce que sans occulter l’irresponsabilité parfois troublante des victimes, il met aussi à nu le cynisme des banques, prêtes à dépouiller des familles et à ruiner des milliers de vie, le tout, pour quelques dollars de plus.
Cleveland contre Wall Street a été l’un des temps forts du dernier festival de Cannes, où le film était présenté à la Quinzaine des réalisateurs.RFI